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C'était en juillet dernier à Prague, Robbie O'Bara, candidat irlandais, remportait le titre Mr Gay Europe 2013. Nous avions fait sa connaissance quelques semaines avant le concours dans un interview ici. Quelques mois après sa victoire, Robbie revient sur l'élection et nous parle de ses futurs projets.

Robbie O'Bara

 

Benjamin - Quelle a été ta première émotion quand tu as été élu Mr Gay Europe ?

Robbie O'Bara - C’était à la fois bouilland et confus en moi !! Vraiment, c’était un tel plaisir de rencontrer tous les gars et devenir amis… J’étais juste heureux de vivre cette belle expérience et, avant de le savoir, je recevais la couronne !

Benjamin - Pour quelle raison as-tu décidé de ne pas participer à Mr Gay Monde ?

Robbie O'Bara - La raison principale pour laquelle j’en suis resté à mon titre Mr Gay Europe était que j’avais le sentiment d’avoir déjà trouvé ce que je cherchais : une plateforme internationale pour promouvoir la santé chez les LGBT. Je n’avais pas le cœur à concourir pour une deuxième couronne et j’avais également le souci de ne pas pouvoir m’impliquer pour le titre Mr Gay Monde avec l’année chargée qui m’attend à l’université.

Russia

Benjamin - Dans plusieurs interviews, tu as exprimé ta motivation d’agir dans le domaine de la santé au sein de la communauté LGBT. Quels projets concrets souhaites-tu réaliser ?

Robbie O'Bara - Cela fait plusieurs années que je fais des recherches dans le domaine de la santé sexuelle et reproductive. Mes deux sujets de prédilection sont la santé des femmes et des homosexuels qui sont étrangement liés.

Concernant la santé des femmes, mon travail touche autour de lois contraignantes issues des mouvements conservatifs et religieux. Pour le dire franchement, l’avortement n’est pas libre en Irlande et cela a des effets violents sur la santé des femmes, en particulier celles qui sont marginalisées dans la société. Nous ne pouvons accepter une mauvaise politique et un mauvais service de santé et je me bats contre ça. Ce ne sont pas des thèmes nouveaux dans le monde et ils se répercutent directement sur la marginalisation de la santé pour la communauté LGBT.

Concernant la santé de la communauté LGBT, je me suis concentré sur la santé physique, mentale et sociale de notre communauté. J’ai fait des recherches sur les santés des gays, le sida, la santé des trans, les addictions et la santé mentale, tout cela m’a appris que nous avons besoin d’une approche holistique de notre bien-être. C’est un sujet qui m’attire en tant que fournisseur de soins primordiaux.

En tant que Mr Gay Europe en revanche, je ne pense pas qu’un projet puisse attendre mes objectifs, à la place je pense que l’impact le plus fort est que je puisse continuer mon travail et y donner de la visibilité.

Benjamin - En 2014, ce sont les élections européennes. Comment penses-tu que ces élections puissent contribuer à améliorer la situation de la communauté LGBT au niveau européen ?

Volley

Robbie O'Bara - Le parlement européen a de grands pouvoirs en termes de droits de l’homme et santé publique, en revanche, que ce soit en raison des budgets limités ou du désintérêt des pays membres, je pense que son impact est limité quand il s’agit de la communauté LGBT.

Nous savons que l’égalité des droits varie fortement à travers l’UE, mais je pense que c’est en dehors que l’impact le plus fort peut se produire. Nous gouvernements doivent agir ensemble, faire des déclarations et prendre des engagements forts contre les pays où l’homosexualité est un crime. Actuellement, on parle beaucoup de la Russie, mais la situation est plus préoccupante dans les pays du Maghreb ou au Moyen-Orient. L’homosexualité existe et elle est normale et les lois qui vont à l’encontre de cette vérité ne font que causer du mal physique, mental et social.

Benjamin - Quel est ton message pour les jeunes LGBT d’Europe ?

Robbie O'Bara - Carpe diem ! Profite à fond ! Nous avons de la chance d’être là. Nous avons de la chance d’exister. Aime-toi et aime ceux qui t’entourent. Prend soin de ton corps et de ton esprit, prend ta place dans la société. L’homme est une espèce sociale et être gay ajoute quelques glaçons au cocktail. Cela peut prendre du temps pour trouver sa place, mais crois moi, tu la trouveras.

Benjamin - Dernière question : Anvers accueillait les Outgames 2013 et aujourd’hui, Paris a été choisie pour accueillir les Gay Games 2018. Que penses-tu du faire d’avoir deux manifestations ? Faut-il les rassembler ?

Robbie O'Bara - J’ai fait du volley au World Outgames à Anvers et j’ai adoré ! J’ai découvert les différences entre les Outgames et les Gay Games, mais ce n’est pas important pour moi et je pense que l’essentiel est que notre communauté se rassemble autour du sport. Les deux événements requièrent beaucoup de temps et d’argent, les organisateurs doivent y penser. En revanche pour moi, le problème le plus important est le prix d’inscription élevé qui empêche les personnes ayant moins de moyens de participer, ce n’est pas une bonne chose.

http://www.mrgayeurope.com/

Europe Gay Flag


Last July in Prague, Robbie O'Bara, Irish delegate, won the Mr Gay Europe 2013 title. We got to know him some weeks before the contest in an interview here. Some months after his victory, Robbie talks about the contest and his future projects.

Armando

Benjamin - What was your first feeling as you got elected Mr Gay Europe?

Robbie O'Bara - I felt all warm and fuzzy inside!! Really it was such a pleasure to meet all the guys and make new friends… I was just happy to embrace the whole experience and, before I knew it, I was given the crown!

Benjamin - For which reason did you decided not to participate to Mr Gay World?

Robbie O'Bara - The main reason that I stuck just with my Mr Gay Europe title was that I felt that I had already achieved exactly what I was looking for: a platform to promote LGBT health internationally. My heart really wasn’t in competing again for yet another crown, and I was also concerned that I wouldn’t be able to give the MGW title as much justice given that I’m entering a very busy year of college.

beach volley

Benjamin - In several interviews, you expressed your motivation to act about health in the LGBT community. What concrete projects do you wish to set up?

Robbie O'Bara - I have been doing work and research in sexual and reproductive health for a few years now. My two main areas of focus have been women’s health and LGBT health, which have both oddly blended together well.

Regarding women’s health, my work is centred on restrictive laws and practices that stem from conservative and religious-based ethos. Put bluntly, abortion is legally restricted in Ireland and this causes damaging effects on women’s health – especially those who are marginalized in society. Bad policy and bad healthcare is unacceptable, and I’m fighting against this. These themes are not uncommon around the world, and directly apply to the impact of marginalization on LGBT health.

Regarding LGBT health, my focus is on the physical, mental, and social health of our community. My work and research in gay men’s health, HIV, transgender health, addictions, and mental health have really taught me that we need a holistic approach to our wellbeing. This is something I’m aspiring towards as a primary healthcare provider.

As Mr Gay Europe, however, I don’t think that any one project that will achieve my goals; instead I think the most impactful thing that I can do is to continue being an outspoken and visible advocate.

Benjamin - In 2014 are the European elections. How do you think these elections can contribute to improve the situation of the LGBT community at the European level?

Europe Angels

Robbie O'Bara - The EU Parliament has huge powers in terms of human rights and public health; however, whether due to budget restraints or disinterested members, I think that their impact is limited when ultimately addressing the LGBT community.

We’ve seen LGBT rights vary across the EU, but I really think it’s outside of the EU where our greatest impact can be made. Our governments must band together and make meaningful statements and commitments against the countries and lawmakers that criminalize homosexuality. At the moment everyone is upset about LGBT rights in Russia, but North Africa and the Middle East deserve more concern. Homosexuality happens, and homosexuality is normal – and countries and laws that go against this cause severe physical, mental and social harm.

Benjamin - What is your message to the European LGBT Youth?

Robbie O'Bara - Carpe diem! Seize the day! I think we are so lucky to be here and now. We are so lucky to be. Love yourself and love those around you. Take care of your body and your spirit and do what you can to connect yourself with the community. As humans we are a social species, and being gay only adds icing to the mix. It may take time for you to find yourself and your spot, but believe me that there is a place for you.

Benjamin - And optional question: - Antwerp hosted the Outgames in 2013 and today Paris has been chosen to become the host city of the Gay Games 2018. What do you think about having two events? Should they become just one?

Robbie O'Bara - I played volleyball at the World Outgames in Antwerp and loved it! I learned about the differences between the Outgames and the Gay Games, but really it doesn’t matter to me and I think it’s a great thing whenever the LGBT community bands together through sport. Both events take mountains of time and money to put together, so I commend the organizers. For me however, the biggest issue is the high costs for participation that inhibit people with less money from being able to play. This is never a good thing.

http://www.mrgayeurope.com/

Outgames