Après la mobilisation réussie du week-end du 16 décembre pour le mariage pour tous et l'égalité des droits, Gilles Dumoulin, président de la LGP Marseille, revient sur l'origine du sens politique des gay prides et sur l'importance de la mobilisation.

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Benjamin - Quel est ton ressenti sur l'aspect politique de la marche du 16 décembre ? Est-ce que tu sens que le côté politique est en train de prendre le pas sur le côté festif ?

Gilles Dumoulin - L'importante participation aux manifestations qui se sont déroulées en régions le 15 décembre et à Paris le 16 a bien démontré l'intérêt que nous portons à l'égalité des droits que nous exigeons depuis trop longtemps. Les gens en ont assez des discriminations quotidiennes et des dictats religieux et politiques. C'est donc plus de 200 000 participants ont fait savoir ce week-end qu'ils n'acceptaient plus d'être considérés comme des citoyens de seconde zone. Ces droits nous les réclamons aussi lors des Gay Pride qui se déroulent un peu partout en été.

Les combats LGBT qui mobilisent à ce point sont rares, remontons au 4 avril 1981, date à laquelle s'est déroulée à Paris ce qu'il est convenu d'appeler la première véritable Gay Pride (en France). Il s'agissait de réclamer l'abrogation des dispositions discriminatoires des articles 330 et 331 du Code pénal. Ces dispositions ont été abrogées en août 1982 (dépénalisation de l'homosexualité). Il y a eu ensuite le vote du Pacs en 1999, là aussi nous nous sommes mobilisés en nombre et là aussi cela a été douloureux.

Chaque année se déroulent les Gay Pride qui sont, les plus jeunes ne le savent malheureusement pas assez, une commémoration des émeutes de Stonewall qui ont été marquées par une répression policière très violente. Le sens oublié laisse place à la fête, d'autant que cela se déroule en été… Les associations font pourtant un travail de mémoire important. Ce week-end, tout le monde était très couvert, ça change la perception et ça devient une véritable manifestation politique. Les Gay Pride sont aussi des manifestations politiques et revendicatives.

Pour enfin répondre à ta question, politique et festif ne sont pas incompatibles, revendiquer des droits et défendre les acquis en décembre ou en juin c'est pareil, il n'y a que la saison qui change.

Benjamin - Est-ce une bonne ou une mauvaise chose d'après toi ?

Gilles Dumoulin - Ce qui s'est passé ce week-end est une excellente chose, on va gagner ! L'été prochain la loi sera peut-être votée, mais n'oublions pas qu'il faut, pour de multiples raisons, se mobiliser et participer aux Marches des mois de juin et juillet. En ce qui concerne Marseille, nous vous donnons rendez-vous pour l'EuroPride 2013 du 10 au 20 juillet (la Gay Pride Européenne le samedi 20 juillet 2013), peut-être pourrons-nous nous y marier !

http://www.europride2013.com/


After the successful march of last week-end for marriage for all and equality of rights, Gilles Dumoulin, President of the LGP Marseille, comes back to the polical aspect of the gay prides and the importance to march.

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Benjamin - What is your feeling about the political side of the march of the 16th December? Do you feel that the political side is getting over the party side?

The huge number of participants to the march that took place in regions on the 15th December and in Paris on the 16 December really showed the importance we give to the equality of rights that we've been urging for so long. The French are fed up with daily discriminations and religious and political oppression. Therefore, more than 200 000 persons showed this week-end that the do not accept any longer to be considered as second-class citizens. We are urging for the same rights at the Gay Pride as well, which are taking place during summer.

It is rare to have so much participants for LGBT struggles. We have to look back to the 4th April 1981, where what we call the first gay pride took place in Paris. The message was to abrogate the discriminatory clauses of the article 330 and 331 of the penal code. These clauses have been abrogated in August 1982 (decriminalisation of homosexuality). Then, there was the vote on the PACS (Civil partnership) in 1999, where we were a lot to march and that wasn't easy at all.

Every year, gay prides are taking place and these events (the youngsters tend to forget that) are a commemoration of the Sonewall riots that were facing violent police repression. This forgotten aspect let space for party, specially as the prides are taking place in summer... The association are still doing an important duty of Memory. This week-end, everybody was warmly dressed, that change the image and gave a true sense of a political march. The gay pride have also a political aspect.

To answer your question, politics and parties are not discordant, to claim and defend your rights can be done in December of June, that's the same, only the season is different.

Benjamin - It is a good or bad thing in your opinion?

Gilles Dumoulin - The march of last week-end was an excellent thing and we're gonna win! Next summer, the Law will be voted, but we should not forget that for various reasons, we have to march at the gay prides taking place in June and July. As far as Marseille is concerned, we invite you for Europride 2013 taking place on the 10-20th July (European Gay Pride Parade on the 20th July), hopefully we can get married there!

http://www.europride2013.com/